Il coule souvent de source dans la pensée populaire que pour éviter les effets du sucre, les édulcorants sont la solution de remplacement que la technologie a trouvé, qu’en est-il réellement ?

 

Alors que l'on mettait trop en avant les facteurs héréditaires pour expliquer l'obésité, des études récentes confirment que la consommation de boissons sucrées est un des facteurs majeurs de cette maladie. La consommation de boissons sucrées multiplie le nombre de cas d'obésité chez les enfants, les adolescents et les adultes, quel que soit le terrain génétique. C’est la raison pour laquelle les industriels et les consommateurs λ se sont mis à prendre et utilisent les édulcorants pour réduire l’utilisation du sucre dans leurs produits. Un édulcorant est une substance naturelle ou de synthèse donnant une saveur sucrée. L'origine des édulcorants (surtout lorsqu'ils sont chimiques !) donnent souvent lieu à des anecdotes dont on ne sait vraiment jamais si elles sont véridiques ou légendaires. Il existe plusieurs édulcorants reconnus et sur le marché : l’aspartam (le plus utilisé au monde), stevia ou glycoside de stéviol, édulcorant naturel vient d'être déclaré "patrimoine génétique"(il est extrait de la plante stevia sans utiliser la plante mais par un processus de fermentation) ; l'advantame dérive de l’aspartam et la vanilline (pouvoir sucrant 100 fois plus fort que l'aspartam et 30 000 fois plus sucrant que le sucre, mais son utilisation doit être réduite car il y a encore beaucoup de points d’interrogation sur cette substance) ; sucralose, édulcorant artificiel, la monatine issue des racines d'une plante qui pousse en Afrique du sud, la Schlerochilonilicifolins (naturelle et au moins 2 fois plus sucrante que le sucralose), le sorbitol frelaté qui est en fait du nitrite de sodium, le sirop de glucose de mais et le sirop d'agave. Il est naturel mais presque aussi calorique que le sucre et pas si bon pour la sante (Et c'est la grande réussite marketing du moment ! On a réussi à faire croire au consommateur que le sirop d'agave a des qualités nutritionnelles exceptionnelles, bien meilleures que le sucre et que bien d'autres édulcorants (moins chers d'ailleurs), que son utilisation est traditionnelle au Mexique, cette étiquette est fausse, il est calorique et déconseillé aux diabétiques. etc.

 

edulcorants


Les édulcorants (quels qu'ils soient) n'ont aucun intérêt nutritionnel pour les femmes enceintes par exemple. Pour être plus clair, consommer des édulcorants lorsqu'on est enceinte n'apporte rien ! Le second constat est rassurant : la consommation d'édulcorants n'a semble-t-il aucune incidence négative pour la femme enceinte. Donc pour faire simple, la consommation d'édulcorants ne sert à rien à la femme enceinte et, s'ils sont, malgré tout, consommés, il n'y a à priori aucun risque. Le qualificatif de "naturel" pour les édulcorants comme la stévia peut être sujet à caution. En effet, nous nous étions permis de le mettre en cause car la substance sucrante de la plante stévia est extraite par un procédé chimique complexe. On est loin de la feuille de stévia que l'on fait infuser dans son thé ! Problème pour les industriels qui risquent de voir leur vente réduite ? Une étude américaine sur un sucre: le sirop de glucose de maïs, sucre très bon marché, beaucoup utilisé par les industriels et dont une des "qualités" est d'être 6 fois plus sucrant que le sucre de canne. Cette étude menée sur des rats tendrait à prouver qu'une surconsommation de sirop de glucose de maïs diminuerait les capacités d'assimilation et d'apprentissage des consommateurs, ce sirop de glucose est de plus en plus utilisé dans tous les produits sucrés, il y a de quoi s'inquiéter. Non seulement, les produits sucrés sont surconsommés mais la substance sucrée elle-même ( le HFCS) est l'un des plus dangereux des produits sucrants sur le marché ; un vrai problème de santé publique. Même si le sirop d’agave est légèrement moins calorique que le sucre (352 cal pour 100 g contre 400 cal) et même s'il a un pouvoir sucrant supérieur, le sirop d'agave apporte un nombre important de calories ; son utilisation est donc à proscrire lorsque l'on fait un régime au même titre que le sucre. Pour plusieurs raisons, certains édulcorants comme l’agave ont eu du succès à cause d’un offensif marketing, puissant et organisé, une image "naturelle" : quoi de plus naturel que le suc d'un cactus mexicain ? Et finalement l'image désastreuse des édulcorants de synthèse.


Pour conclure, certains édulcorants ne sont pas si bons pour la sante, d’autres n’ont aucun impact sur la sante à condition de les utiliser suivant les AJR (apport journalier recommandé), d’autres sont moins bien pour la sante à cause de leur origine artificielle comparée, et certains ne sont pas recommandés pour les diabétiques ou pour un régime hypocalorique.


Mais le problème reste entier quand on sait que la majorité des produits que nous consommons et qui contiennent des édulcorants sont des produits manufacturés ; donc pour dire que notre santé une fois de plus est entre les mains des industriels. D’où la nécessité une fois de plus que les organes de régulations et de normalisation soient à pied d’œuvre pour contrôler le respect des doses recommandées acceptables dans les produits manufacturés afin de préserver la santé du consommateur. Il est à recommandé que dorénavant cela se fasse sur les produits manufacturés localement d’inscrire sous le non de sucre ou d’édulcorants, toutes les molécules qui ont été utilisés, faire de même avec les conservateurs. C’est vrai que le nombre de personnes averties qui lisent les étiquettes de produits est encore réduit mais c’est une culture qui s’installe de plus en plus et gare aux contrevenants