Quand le ciel ouvre ses vannes, le château d’eau peut perdre ses moyens par endroits.

inondation ville

A la faveur de la journée de l’environnement, l’association LE SOURIRE a participé à un atelier sur la prévention des risques de catastrophes et la résilience des populations. A cet effet, en plus des actions de sensibilisations que nous menons de routine, nous avons participé à la réflexion sur la résilience des populations, c’est-à-dire les moyens avec lesquelles les populations exposées aux risques de catastrophes peuvent y répondre convenablement. Puisqu’on est dans la ville de Ngaoundéré, qu’en est-il de la réalité locale ?
La ville de Ngaoundéré est construite en hauteur sur un plateau qui se situe dans le sillage de la ligne du Cameroun.  Les évènements géologiques qui ont présidé à la formation du plateau de l’Adamaoua y ont laissé des petits monts et vallées où serpentent naturellement des rivières entourées de marécages. Les premières populations se sont installées pas loin des rivières par souci d’approvisionnement en eau. Mais l’urbanisation aidant, les maisons ont pris les surfaces émergées et peu à peu certains se sont retrouvés à construire dans les bas-fonds, même si ceux-ci avaient l’air abordable au premier plan. D’autres, plutôt ont construit sur les flancs de montagne, indépendamment des risques d’éboulement.
Autre chose remarquable, la commune, communauté urbaine et l’urbanisme, chacun en ce qui le concerne, qui étaient chargés de l’aménagement urbain, de creuser les canalisations, aménager les cours d’eau n’ont pas brillé par leurs réalisations. De plus, les habitations se retrouvent construites dans les marécages, des zones interdites à la vente et à l’habitation. Certaines de ces zones ont d’ailleurs été vendues sous l’égide du Cadastre qui a fait le lotissement. Comment cela se fait-il ? D’où ces personnes obtiennent-elles leur permis de bâtir ? Pendant qu’elles construisent, au cas où elles n’auraient pas demandé un permis, où sont les autorités pour les en dissuader? Autant de questions qui déconcertent au quotidien, quand on se promène dans la ville.
 Conséquences, quand viennent les pluies abondantes d’Aout, c’est le désarroi total pour ceux qui vivent dans les bas-fonds. Les lits des rivières non tracés sont dépassés. Les ponts faits sur les passages à gué sont débordés et les populations des versants coupés de la ville où de chez au cas où la pluie t’trouvé encore en ville. C’est la réalité permanente des populations des quartiers Gada-Mabanga et Djalingo par ces temps de pluies.
Il est donc plus que temps d’interpeller les  uns et les autres à prendre leurs responsabilités en main. L’arrondissement de Ngaoundéré II est encore en cours d’occupation, veillons à ce qu’il soit aménagé selon le plan directeur dessiné par la commune. En construisant convenablement les ponts qui desservent ces zones de la ville, c’est un désenclavement important qui sera fait au bénéfice des populations de la ville.