maison vs arbres

L’on ne peut plus compter les arbres, emblématiques ou pas coupés au nom de l’urbanisation à Ngaoundéré. Ngaoundéré, érigé en région en 1983, a amorcé son processus pour devenir une grande région dans l’avenir.

Sa position carrefour fait qu’on y retrouve des personnes venues de tout le Cameroun et des pays voisins aux cotés de autochtones. L’indicateur le plus perceptible de son évolution est la construction au centre-ville de plusieurs immeubles qui sont aujourd’hui en location. La ville s’étend par ses quatre points cardinaux : l’axe Bini-Dang, l’axe Béka Hosséré, l’axe Djalingo-Nord Cifan et l’axe Marza.
Cette expansion tout azimut s’accompagne indubitablement de coupures d’arbres sur des espaces jusque-là verts pour créer des terrains de construction. Ngaoundéré autrefois si verte et réputée pour ses mangues en est petit à petit dépourvue. Des arbres emblématiques comme celui du Carrefour an 2000 sont débités ; pour les anciens de la ville, l’endroit a comme perdu de son âme. Le quartier résidentiel danse sous la même musique ; des grands manguiers centenaires de plus de 10m de diamètre y sont régulièrement coupés pour laisser place aux habitations.
Devant ces coupes intempestives, on est en droit de se demander si la communauté urbaine qui est responsable du plan directeur de construction dans la ville est au courant de tels actes. Ne devrait-il pas  avoir une autorisation spéciale délivrée à une personne qui veut couper de tels arbres, alors que de nombreux autres détruisent la chaussée à d’autres endroits de la ville ? A l’heure où le pays, surtout la partie septentrionale du pays lutte contre l’avancée du désert, ne devrait-il pas y avoir des dispositions spéciales pour la protection du couvert arbre dans une localité, aussi urbaine que celle de Ngaoundéré ?
Au lieu de tout détruire, avant de mettre en œuvre des mécanismes pour reconstruire, il vaut mieux d’abord préserver le peu que l’on possède. Encore que les politiques et stratégies de reconstruction sont très souvent peu adaptées au contexte et rencontrent rarement l’adhésion des masses. Alors l’association LE SOURIRE saisit cette tribune pour lancer un vibrant appel aux autorités de la ville, protégeons notre environnement, nous avons ce devoir de mémoire pour les générations futures.